Le groupe Enedis teste depuis deux mois à Toulouse un nouveau robot autonome pour assister ses techniciens polyvalents dans leurs interventions en hyper-centre. Développé par une start-up lotoise, le droïde Sidene pourrait être déployé dans 200 villes en France.

Quatre roues motrices et directionnelles, une autonomie de huit heures, des mensurations modestes, des yeux expressifs et une allure de tacot. Développé spécialement pour le groupe Enedis par la société TwinswHeel, installée à Cahors dans le Lot, le robot Sidene a fait son apparition mi-mars dans les rues de Toulouse. Cet assistant tout-terrain de 100 kilos a été conçu pour faciliter les dépannages en centre-ville des techniciens polyvalents en charge de la gestion du réseau d’électricité.

Capable de franchir les trottoirs et de suivre à la trace son binôme humain, le droïde est équipé d’un panneau solaire et de capteurs 3D à 360° qui lui permettent d’évoluer dans les zones urbaines les plus fréquentées. Son intérieur modulable peut accueillir vêtements, outils et pièces de rechange et son système d’arrêt d’urgence permet de le stopper à tout moment.

« L’idée d’un robot autonome est née en 2018 à la demande de nos propres techniciens qui sont régulièrement confrontés à des problèmes pratiques de circulation et de parking lors de leurs interventions en hyper-centre. Après un an de développement, nous avons commencé le test opérationnel mi-mars. Sidene accompagne des agents lors de leurs dépannages avec un membre de TwinsHeel qui modifie et améliore le logiciel », explique Tony Marchand, en charge du projet chez Enedis.
L’expérimentation – la première de ce type en Europe dans le domaine public revendique le gestionnaire – doit se terminer à la fin de l’année. Et déjà, plusieurs villes dont Marseille, ont le coup de coeur pour Sidene.

Si la pertinence du robot est validée par ses techniciens, Enedis envisage d’en déployer une vingtaine d’ici 2020 avec un potentiel de 200 villes à équiper, y compris de taille moyenne. L’intérêt d’une production en série permettrait au gestionnaire de parvenir pour chaque exemplaire à « un coût inférieur à celui d’une voiture ».

Soulager les techniciens
Pour la filiale d’EDF qui s’est fixée à Toulouse de s’appuyer sur une flotte 100 % électrique d’ici 2021, Sidene n’est pas un gadget. « Pour Enedis, il s’agit d’anticiper la mobilité de demain dans des villes qui se piétonnisent de plus en plus et de montrer l’exemple. Même pour les personnes qui transportent du matériel ou qui assurent des livraisons, la mobilité douce est possible. Plus agile qu’une voiture, Sidene soulage les techniciens en leur évitant des charges lourdes, leur permet de gagner du temps en passant d’une intervention à l’autre », souligne Tony Marchand. « Au final, il améliore leurs performances ».
Johanna Decorse

Sur la photo : Le robot Sidene, de 130 x 70 cm et de 100 kilos, a été développé pour Enedis par la société lotoise TwinswHeel, spécialisée dans les droïdes. Crédits : DR

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