Spécialiste des amortisseurs, cette dynamique PME lotoise s’est lancée avec une belle réussite sur le marché des droïdes, robots autonomes porteurs de charges.

Avec ses yeux ronds et ses grandes roues, il ressemble à un gros jouet vintage. Ce robot électrique (sur la photo) développé par la PME lotoise Soben, est pourtant un bijou de technologie, entièrement autonome, équipé de caméras, radars et capteurs à ultrasons.

Depuis 2017, cette entreprise innovante, spécialisée dans la conception et la réalisation d’amortisseurs pour l’automobile, l’aéronautique ou la Défense, s’est lancée dans la fabrication de droïdes, des robots porte-charges pour l’industrie ou l’assistance à personnes. Soben conduit avec succès ces deux activités, des grands comptes comme Renault, Nissan, la SNCF ou Siemens utilisent les robots lotois sur leurs chaînes de montage.

Créée en 2005, par Benjamin Talon, au sein de l’incubateur de l’École des Mines d’Alès, la PME a démarré ses activités à Cahors, au sein de du Village artisanal de Regourd. Si l’ancien ingénieur de Renault Sport a débuté seul, l’entreprise comptait déjà 10 personnes au bout de deux ans, elle emploie aujourd’hui 12 salariés pour la partie amortisseurs (2 M€ de CA) et une vingtaine avec la robotique. « Nous avons très vite déposé des brevets innovants permettant d’améliorer les capacités d’amortissement et de suspension et travaillé avec des grands groupes, notamment Renault et Airbus, explique le dirigeant. Nous fabriquons en petites séries des équipements sur-mesure. » En progression constante, la PME compte des clients prestigieux, Airbus, PSA, Renault, Navya (navettes autonomes) ou encore Arquus (véhicules militaires).

ILS VOUS SUIVENT ET REPARTENT SEULS

En 2016, Benjamin Talon et son frère Vincent, ingénieur en automatique, ont mis au point, « pour s’amuser », un petit véhicule autonome. Présenté au CES de Las Vegas, le robot a connu un beau succès. « Nous proposons aujourd’hui, une gamme de droïdes, que nous avons conçus de A à Z, pour l’industrie, afin d’améliorer la productivité et le confort dans le travail et pour de nouveaux usages, comme l’accompagnement de personnes à mobilité réduite, ou la livraison de charges. »

À deux ou quatre roues, les robots Winswheel (roues jumelles) font l’objet de nombreuses expérimentations. À Montpellier, ils effectuent la livraison de commerces en centre-ville, pouvant transporter jusqu’à 300 kg. À Toulouse, ils embarquent la caisse à outils des opérateurs d’Enedis jusqu’au lieu d’intervention. À Paris, ils transportent les courses des clients de Franprix en les suivant jusqu’à leur domicile (un kilomètre maximum) et sont capables de retourner tout seuls au magasin. « De belles perspectives s’ouvrent sur ce secteur très porteur, en France et à l’étranger, assure Benjamin Talon. Nous avons déjà des robots en activité en Allemagne et aux États-Unis. »

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