La jeune pousse française poursuit le développement de son drone terrestre autonome dédié à l’industrie et à la logistique. Déjà en action sur des sites fermés, il débute une grande phase d’expérimentation pour de la livraison urbaine à Montpellier.

Des robots qui viennent livrer des colis et se déplacent en autonomie dans les centres villes ? Si les images de projets de ce type nous viennent plus généralement d’outre-Atlantique ou de Chine, des solutions innovantes similaires se développent également en France, comme le prouve la start-up Twinswheel. Avec une équipe de 24 personnes, celle-ci déploie aujourd’hui ses droïdes de logistique dans plusieurs contextes. Tout d’abord sur des sites fermés, pour des clients industriels ou logisticiens, dans des tâches de transport de charges et d’approvisionnement en bord de chaîne en autonomie, ou encore pour accompagner les collaborateurs chargés de la maintenance, le robot suivant alors le technicien. Une activité porteuse qui concentre la majorité du chiffre d’affaires de la jeune pousse.

Des projets en action et des expérimentations

Mais la solution de Twinswheel vient aussi adresser un autre terrain, plus complexe, celui de la ville avec trois types de projets : le premier se concentre sur l’aide aux personnes à mobilité réduite ou âgées avec le transport de leurs courses. « Nous sommes en expérimentation sur le sujet avec plusieurs partenaires. Il est encore difficile de dégager un business model », explique Vincent Talon, co-fondateur de la start-up. Autre utilisation : des robots pour seconder les techniciens de maintenance intervenant en milieu urbain, capables de les suivre de manière autonome tout en portant leurs outils. Un cas de figure en action chez Enedis depuis début 2019 dans le Sud-Ouest de la France. « Dans les hyper-centres, les techniciens se déplacent directement à pied plutôt qu’en véhicule, et le robot les suit le long de la tournée, avec tout son matériel – ce qui réduit la pénibilité, la saturation des axes, la pollution d’interventions en camionnettes », note Vincent Talon.

Mais c’est le dernier grand axe qui présente le plus grand défi pour la jeune pousse : la livraison urbaine autonome du dernier kilomètre. Ce sujet est actuellement en phase de test dans le centreville de Montpellier avec le Groupe La Poste et le prestataire logistique Stef, dans le cadre de l’appel à projets Evra piloté par l’Ademe, qui vise à évaluer les impacts des véhicules autonomes pour défi nir un référentiel de sécurité. « Pour La Poste, nous transporterons des colis entre les différents bureaux de poste dans le centre-ville ; avec Stef, il s’agira de réapprovisionner les commerçants en produits frais depuis la périphérie de l’hyper-centre. Nous allons nous appuyer sur ces expérimentations pour collecter de la data et du ressenti en termes de sécurité et d’acceptabilité ». Il s’agit de la première expérimentation de ce type menée en France.

Des tests en 2021 pour un lancement fin 2022

Une première phase de « roulages à blanc », c’est-à-dire de déplacement à vide des robots prototypes, est actuellement en cours, avec pour objectif de mettre en lumière les contraintes de la mobilité autonome en ville. « La pandémie nous a un peu ralentis, mais nous prévoyons les premiers transports de marchandises en 2021, pour aller au-delà de la pure preuve technique, et montrer l’apport de ces solutions, au niveau de la réduction des émissions polluantes par exemple, tout en assurant le service pour le client final », détaille Vincent Talon. Avec la volonté pour Twinswheel, d’ici fin 2022 ou début 2023, de pouvoir déployer commercialement ses robots. « Entre temps, nous pourrons progresser techniquement, tout en donnant confiance à la population locale, mais également aux régulateurs au sein des ministères en charge de nous évaluer ».

Sur cet aspect de sécurité, les robots de Twinswheel sont d’ailleurs équipés de nombreux capteurs, avec des scénarios de sécurité très poussés pour réduire au maximum les risques d’accident. Un axe qui est au cœur des recherches et des développements actuels des équipes de la start-up. « Le robot se déplace en autonomie avec une cartographie détaillée intégrée dans laquelle il sait se repérer avec ses capteurs. La régulation nous oblige également à avoir un “safety driver”, un pilote capable de reprendre le contrôle du robot à chaque instant en cas d’incident, via une connexion 4G ou 5G ». De quoi faire rentrer la robotique dans les flux urbains, avec une offre que l’entreprise conçoit comme complémentaire aux vélos-cargos, et alternative aux camions et véhicules légers. Pour 2021, en plus de ces expérimentations, la jeune pousse va poursuivre ses développements commerciaux, avec de nouveaux déploiements sur des sites industriels.

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