Située à Cahors depuis 2006, Soben développe des amortisseurs, des trains atterrissage et, depuis 2017, des robots, les TwinswHeel. Au moment où l’entreprise veut implanter ses droïdes à Toulouse, son patron Benjamin Talon évoque l’évolution de son entreprise et son avenir.

En 2020, les droïdes TwinswHeel de l’entreprise cadurcienne Soben avait déjà arpenté une première fois les rues de Toulouse. Leur rôle étaient de venir en aide à des techniciens d’Enedis. Dans les mois qui viennent, ils pourraient revenir dans la Ville rose en mode totalement autonome pour assurer des livraisons. Ils le font actuellement à Montpellier où une expérimentation est en cours. D’un côté avec La Poste pour des échanges de colis entre les bureaux postaux de centre-ville. Et de l’autre avec Stef, une entreprise spécialisée dans le transport de produits frais pour le réapprovisionnement des magasins de bouche du centre. « Nous voulons faire la même chose à Toulouse. Pour cela, on cherche des partenaires logistiques. Par exemple, des gens qui font de la livraison sur le dernier kilomètre ou bien qui s’occupent de la livraison de repas », résume Benjamin Talon, le dirigeant de Soben.

Sa société, qui réalise des amortisseurs pour voitures et des trains d’atterrissage pour avions, a pu traverser la crise économique sans trop d’encombres. « Les petits constructeurs se sont mieux comportés avec nous que les gros, et ils ont continué à nous faire travailler. Le ministère de la Défense, un de nos plus importants clients, a lui accéléré la cadence », explique le chef d’entreprise. « Nous avons de plus pu bénéficier de Prêt garanti par l’État (PGE), du plan de relance, des Pass rebond régionaux. Il n’y a rien à redire sur la façon dont les pouvoirs publics ont géré cette crise », estime l’entrepreneur cadurcien.

Diversification et embauches

Soben revendique 2 millions d’euros de chiffre d’affaires sur la partie amortisseurs. Pour des raisons de secret-défense ou de concurrence effrénée, les résultats des autres activités ne sont pas communiqués. « Nous avons encore besoin de grandir. Face à nous, on a en Europe, mais surtout en Asie, des entreprises qui pèsent plusieurs milliards de dollars de chiffre d’affaires. Il ne faut pas leur donner trop d’informations », se justifie Benjamin Talon. L’entreprise n’est certes encore pas à la hauteur de ces géants, mais elle a beaucoup évolué.

Née en 2005 dans l’incubateur de l’École des Mines d’Alès, Soben a rejoint Cahors en 2006. À l’étroit, Soben a quitté cette année ses locaux de Regourd pour le parc d’activités de Cahors-Sud pour « pouvoir doubler ses capacités de production ». L’ingénieur spécialisé en dynamique des véhicules, qui a démarré avec la fabrication d’amortisseurs automobiles, a su durant ses seize dernières années diversifier ses activités (R&D sur des trains atterrissages pour les grands constructeurs aéronautiques, production pour des véhicules autonomes, des hélicoptères, des drones, etc.). Il a su aussi gagner la confiance du ministère de la Défense et équipe en amortisseurs tous ses véhicules. En s’alliant avec son frère Vincent, ingénieur en robotique, l’entrepreneur s’est ouvert en 2017 un nouveau marché. « Au début, nous avons voulu surtout nous amuser. Il n’y avait pas une immense stratégie derrière », avoue Benjamin Talon.

En 2021, la société a recruté dix personnes, faisant monter le nombre de salariés à vingt-huit. L’an prochain, les recrutements vont se poursuivre. « Nous voulons embaucher à la fois des chercheurs en intelligence artificielle et en informatique, mais aussi des ouvriers pour augmenter le rythme de notre chaîne de production. » En 2022, les droides ne seront donc pas les seuls à avoir du travail.

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