Maddyness : Ces startups françaises comptent sur la 5G pour optimiser leur solution

Maddyness : Ces startups françaises comptent sur la 5G pour optimiser leur solution

La 5G devrait commencer à être déployée en France le 20 novembre. Au moins plusieurs dizaines de startups françaises l’attendent pour améliorer ou rendre plus sûr leur produit.

La 5G, une « assurance supplémentaire »

« Changer de braquet » grâce à la 5G, c’est aussi l’ambition de TwinswHeel. Pour le moment, ses robots de logistique sont commercialisés pour être utilisés dans des sites fermés en complément d’un travailleur ou de manière autonome. Mais la 5G doit permettre à TwinswHeel, qui fait travailler 12 personnes à Cahors, dans le Lot, d’accélérer sur un relais majeur de croissance, la livraison en ville. « Lorsque l’intelligence artificielle anticipe une éventuelle collision, il faut que quelqu’un puisse reprendre la main sur le robot. Cela implique d’avoir la bande passante la plus large possible pour remonter les flux des caméras et des nombreux capteurs. Le temps de latence doit aussi être le plus court possible, par exemple pour que le conducteur de secours enclenche le frein de manière instantanée » , détaille Vincent Talon. « Pour nous, la 5G est une assurance supplémentaire concernant notre conformité avec la réglementation.«

L’entrepreneur souligne par ailleurs un autre apport de cette technologie : « Avec la 4G, il y a une coupure d’une fraction de seconde lors du passage d’un relais à un autre. Ce ne sera plus le cas avec la 5G  » Pour son business, Vincent Talon attend surtout que la technologie se perfectionne avec l’arrivée future de la bande 26 GHz ou le network slicing (découpage en tranches du réseau) qui permettra de réserver une partie de la bande passante pour les véhicules autonomes et, ainsi, de déployer une flotte de robots dans une ville. Cette évolution aura lieu vers 2023 en France.

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Touléco : Robotique. Les droïdes TwinswHeel livrent dans les centres-villes d’Occitanie et d’ailleurs

Touléco : Robotique. Les droïdes TwinswHeel livrent dans les centres-villes d’Occitanie et d’ailleurs

Depuis Cahors, l’activité des robots livreurs de la société Soben est tirée par un marché de la livraison du dernier kilomètre en forte croissance. Ses droïdes, baptisés TwinswHeel, sont déjà commercialisés en France, en Allemagne et aux États-Unis.

Plusieurs petits robots suiveurs arpentent depuis dix-huit mois le centre-ville de Toulouse en compagnons fidèles des techniciens d’Enedis. D’une capacité d’emport de 100 kg, ils transportent, derrière le professionnel, le matériel nécessaire à son intervention sur le réseau électrique. À Montpellier, La Poste et Stef, leader européen du transport frigorifique, expérimentent la livraison du dernier kilomètre grâce à des droïdes complètement autonomes cette fois. Une expérience menée dans le cadre de l’appel à projet Evra (Expérimentation du véhicule routier autonome) qui vise l’élaboration d’une réglementation du véhicule autonome en ville d’ici à 2022. À la manoeuvre, derrière tous ces cas d’usage, la PME Soben à Cahors et ses robots mobiles TwinswHeel. Créée en 2005 par Benjamin Talon, la société s’est d’abord spécialisée dans les amortisseurs de voitures, de véhicules militaires et de trains d’atterrissage pour l’aviation de tourisme, les hélicoptères et les drones. Le frère de Benjamin, Vincent, ingénieur en robotique, a rejoint l’entreprise en 2017 pour lancer l’activité de robots porte-charge à propulsion électrique.

Des droïdes en mode suiveur ou autonome

Aujourd’hui, près d’une cinquantaine de droïdes TwinswHeel ont été commercialisés par Soben. En Allemagne, ils assurent la distribution de repas en mode autonome sur des campus universitaires. Aux États-Unis, ils aident les infirmières dans les hôpitaux de Détroit et de Chicago et, en France, ils sont utilisés pour l’approvisionnement de chaînes de montage dans des usines d’Ile-de-France et de Rhône-Alpes. « Notre valeur ajoutée réside dans la conception du robot et dans son intelligence artificielle, qui lui permet une utilisation en mode suiveur en ville ou en mode autonome en usines. Près de six brevets ont déjà été déposés », explique Benjamin Talon. Une protection nécessaire alors que la concurrence américaine et chinoise est aux aguets. Les géants chinois de la vente en ligne Alibaba et Meituan Dianping, à la colossale puissance de frappe financière, sont en effet fabricants de leurs propres droïdes.

Trois modèles de robots livreurs non polluants

Sur le plan technique, le robot utilisé en mode suiveur est équipé d’un algorithme de vision du « maître », qui lui permet de suivre la forme de la personne. En mode autonome, les mêmes capteurs sont utilisés pour mesurer l’environnement du droïde, générant ainsi la création d’une carte sur laquelle son parcours pourra être programmé. La gamme de Soben comprend trois modèles, de la petite taille de moins d’un mètre de long pour une charge de 40 kg jusqu’à la plus grande taille de 2,5 mètres de long pour une charge de 300 kg. Munis de deux ou quatre roues suivant les versions, les robots sont tous motorisés par batterie électrique qui se recharge une fois par jour. Ils présentent entre six et vingt-quatre kilomètres d’autonomie, pour une vitesse comprise entre 6 km/h et 20 km/h.

L’explosion du marché de la livraison du dernier kilomètre

« Le potentiel de marché est phénoménal, notamment dans la livraison en ville du dernier kilomètre. Notre concurrent américain vient de lever 1 milliard de dollars auprès de Softbank pour un marché qu’ils évaluent à 4 milliards de dollars par an aux États-Unis. Évidemment, nous ne nous développons pas aussi vite mais nous misons sur une centaine de robots en service en 2021 », prévoit Benjamin Talon. En s’appuyant à la fois sur l’activité amortisseurs et la montée en puissance des robots livreurs, le chiffre d’affaires de Soben, de 2 millions d’euros en 2020, devrait décoller à 50 millions d’euros d’ici 2027. La PME de seize salariés, soutenue par la Région et l’agglomération du Grand Cahors, déménage déjà en fin d’année pour un bâtiment à la surface doublée de 2000 m2.
Isabelle Meijers

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